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 UN MONDE GAZEUX 

Sur une planète gazeuse à l'image de Jupiter ou Saturne, 1000 fois plus grande que la Terre et plus de 300 fois plus massive, l'atmosphère est le seul milieu viable. Si ce monde est beau de loin, il est loin d'être accueillant, car sous son aspect calme et ses couleurs pastelles, il cache une activité très turbulente et haute en couleurs.

capture24-2-11.jpg Sur cette planète géante il n'existe pas de surface solide. C'est une boule gaz plus ou moins dense et turbulent qui par bien des côtés ressemble à l'océan. Aux sommets des nuages, la température oscille entre -80 et -230°C en fonction de la distance de la planète à son étoile et la pression est réduite au dixième de celle que nous connaissons sur Terre en bordure de mer, soit 100 mb. A mesure que l'on s'enfonce dans les profondeurs, la densité, la pression, la température et la turbulence augmentent graduellement jusqu'à devenir insupportables. Une première couche de nuages élevés semblables à nos cirrus s'étend sur une dizaine de kilomètres et se compose de cristaux d'ammoniac. Ils zèbrent la planète d'immenses traînées blanc-bleutées qui paraissent comme suspendues dans les airs. Juste en-dessous on découvre une couche épaisse de nuages sombres et colorés dans toutes les nuances rouges-brunâtres composés en surface d'hydrogène moléculaire et d'hélium mêlés à de l'ammoniac et des composés organiques. Cette couche s'étend sur 40 à 100 km et se compose en profondeur de cristaux d'hydrosulfite d'ammonium. Elle laisse entrevoir de temps en temps une couche inférieure claire qui se compose d'une quantité plus importante de cristaux de glaces et d'eau.

A une centaine de kilomètres de profondeur la température est déjà comparable à celle d'une agréable pièce de séjour. L'eau reprend une consistance liquide et l'air est remonté à 20°C. Mais plus on s'enfonce plus la situation s'aggrave. A 150 km de profondeur les signaux électromagnétiques commencent à se perdre dans le brouillard et la visibilité s'estompe. A un niveau plus profond, vers 1000 km, la température atteint 2000°C. Vers 3000 km, on atteint 5500°C et la pression atteint 100 000 atmosphères.

A présent l'hydrogène et l'hélium sont tellement denses qu'ils se liquéfient. Vers 25000 km de profondeur, on peut à proprement parler de planète "liquide". Sous une pression qui atteint 4 millions d'atmosphères et une température de 11000°C, l'hydrogène change d'état et devient métallique. C'est un métal liquide constitué de protons ionisés et d'électrons. 

Cette matière, inconnue sur Terre, est conductrice d'électricité et est à la source du champ magnétique de la planète. Ce manteau d'hydrogène métallique libère également de la chaleur. A cette profondeur se trouve encore un peu d'hélium et des traces de glaces (eau, méthane, etc).

Les créatures gigantesques d'une planète gazeuse imaginées. Elles sont condamnées à vivre dans la partie supérieure de l'atmosphère, limpide, plus claire et relativement calme, par une température qui avoisine les 20°C. Mais sans membres préhensiles ou de fonctions extrasensorielles, ces créatures sont incapables de développer une technologiecapture24-20.jpgPlus bas enfin on découvre un noyau rocheux, légèrement plus volumineux que la Terre mais 10 à 15 fois plus massif. Il contient probablement du fer et des éléments lourds. Sa température est d'environ 20 000°C mais elle est nettement insuffisante pour amorcer les réactions nucléaires de fusion à l'image de celles qui illuminent les étoiles.

Tel est le milieu dans lequel peuvent évoluer des créatures intelligentes. Du fait de la forte densité de l'atmosphère et de son opacité en profondeur, les êtres ne peuvent survivre que dans les premiers 100 km de profondeur avec une concentration maximale où la température oscille entre 0 et 30°C et loin des foyers orageux.

A certains endroits de l'atmosphère, près des grands cyclones permanents colorés aussi vaste que la Terre, la vie est plus primitive mais l'atmosphère étant plus riche en carbone, azote et nitriles, les créatures prennent la forme de simples sacs de gaz perméables dont le milieu interne s'est différencié et spécialisé. Ils ressemblent à des coacervats ou des êtres unicellulaires vivants en colonies et se laissent transportés au gré des courants formant d'immenses grappes colorées.capture04-4-7.jpgVu sa masse et sa gravité qui atteint 2.5g, cette planète est escortée par plusieurs dizaines de satellites dont une poignée ont la taille de notre Lune et évoluent tout près des nuages supérieurs. De ce fait la planète subit des effets de marées gravitationnelles très intenses qui perturbent ce système planétaire en miniature.

L'effet le plus spectaculaire et audible est la variation brusque et locale du champ de gravité qui subit de temps en temps des ajustements de quelques dixièmes de g en générant des ondes acoustiques de très basses fréquences. Ces tremblements de planète se propagent loin dans l'atmosphère et transpercent littéralement tous les corps. La sensation est horrible, comme si votre corps allait se désintégrer. Heureusement le phénomène est très fugace, mais il pourrait durer beaucoup plus longtemps et faire un vacarme inimaginable sur un astre beaucoup plus massif où la force de gravité dépasserait 1000g. Les seuls problèmes climatiques sur cette planète gazeuse sont la turbulence et l'activité électrique et magnétique, trois sources de problèmes majeurs que les créatures ont appris à éviter.

Les nuages de gaz se propagent localement à plus de 400 km/h dans les zones de cisaillement, certain  des cyclones où le vent soufflerait à près de 1500 km/h. Ces manifestations sont liées à la fois aux forces de Coriolis et à l'absence de relief qui permettent aux vents d'atteindre des vitesses phénoménales, quatre fois plus élevées que sur Terre. Ces vents sont les plus violents le long de la ligne du terminateur où le gradient de température accuse ses plus fortes variations. En raison de l'importance des masses d'air, les éclairs, les ouragans et autres typhons ont une ampleur gigantesque et se déplacent aisément dans un volume profond de 100 km. Les éclairs atteignent 100 fois l'énergie de leurs cousins terrestres et explosent aussi fortement que des bombes.

La créature téméraire qui serait prise dans ces tourments pourrait être frappée par des décharges de plusieurs milliers d'ampères ou être brûlée au 3eme degré par un éclair plus menaçant que les autres. Au cœur des orages elle peut mourir d’une crise cardiaque, les tympans troués et les capillaires explosés par l'intensité des vibrations sonores.

Le vent stellaire émis par l'étoile génère également d'immenses aurores polaires dans les couches ionosphériques des deux hémisphères de la planète qui éclairent la nuit de mille feux colorés. L'air se charge alors d'électricité statique et la créature qui s'aventurerait dans ces régions risque fortement de recevoir des décharges aussi violentes que celles des éclairs.

Si la plupart des créatures primitives de cette planète ne sont pas directement sensibles aux champs magnétiques, les plus évoluées d'entre elles comme nos grands voiliers bleus concentrent suffisamment de magnétite dans leur cerveau pour être affectés par les orages magnétiques qui se manifestent dans les entrailles de la planète. Ces jours là on peut vraiment dire que ces créatures ont un mal de tête et c'est d'autant plus pénible que cette sensation suit le rythme des sursauts radioélectriques de la planète.

Il est impossible d'y échapper et seule l'évolution peut adapter ces créatures aux circonstances. Heureusement en certains endroits de la planète où la polarisation du champ magnétique est différente et ne permet pas un couplage efficace, le phénomène est presque insensible, leur offrant un peu de répit dans une atmosphère tumultueuse.

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