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LA BANDE DESSINEE ET LA SCIENCE FICTION

En bande dessinée, la science-fiction est l’occasion de développer des univers esthétiques fabuleux.

La BD de science-fiction a généré une importante activité : du fait de sa publication relativement marginale, elle a très tôt suscité la création de formes d'institutionnalisation qui lui étaient refusées par la littérature « distinguée » et la critique littéraire source de légitimité. Des communautés d'initiés se sont créées : l'expression fandom de la science-fiction ou fandom SF fait ainsi référence à la communauté de gens dont l'un des intérêts principaux réside dans la science-fiction, ces personnes étant en contact les uns avec les autres en raison de cette passion commune.

Aux États-Unis, après l’explosion des comics comme Buck Rogers et surtout Flash Gordon d’Alex Raymond (1934). Les précurseurs français sont Raymond Poïvet et Roger Lecureux avec les Pionniers de l'Espérance (1945), Marijac et Auguste Liquois ou Pierre Duteurtre avec Guerre à la Terre publié par Coq hardi (1946/47) et Kline avec Kaza le Martien parut dans l’hebdomadaire OK (Belgique), de 1946 à 1948. Cette bande dessinée s'inspirait de Flash Gordon. En 1947 au Québec, le journal Le Progrès du Saguenay publie la première bande dessinée de science-fiction du pays : Les Deux Petits Nains, du jeune Paulin Lessard.

Il est difficile de ne pas parler d’Edgar P. Jacobs, dont Le Rayon U fut publié en 1943. À la fin des années 1940, il crée la série des aventures de Blake et Mortimer, un classique du genre.

Il y eut ensuite Barbarella (1962) de Jean-Claude Forest, Les Naufragés du temps (1964) de Paul Gillon et Jean-Claude Forest, Lone Sloane (1966) de Philippe Druillet, Luc Orient (1967) d'Eddy Paape et Greg et enfin et surtout Valérian, agent spatio-temporel devenu plus tard Valérian et Laureline de Jean-Claude Mézières, Pierre Christin et Evelyne Tran-Lê (de 1967 à aujourd'hui) qui popularisa le genre science-fiction en bande dessinée.

Christin et Mézières souhaitaient que les aventures de Valérian et Laureline soient aussi des histoires de politique-fiction (écologie, relation de classes ou de travail, féminisme, syndicalisme, etc.) plutôt situées à gauche mais non directement ou ouvertement politique comme il peut y en avoir dans Charlie-Hebdo. Mézières fut largement pillé par les décorateurs et les costumiers de George Lucas, qui possédait, entre autres, nombre des albums de Valérian dans sa bibliothèque, pour Star Wars (1977).

Roger Leloup est un scénariste et dessinateur belge dont la série Yoko Tsuno se déroule dans un univers empreint de science-fiction.

Certains albums des Aventures de Tintin et Milou peuvent être classés dans la catégorie "science-fiction", par exemple On a marché sur la Lune, qui raconte, avec quinze ans d’avance, le premier voyage sur la lune, ou Vol 714 pour Sydney, qui fait intervenir des extraterrestres.

Parmi les grands créateurs du genre, on compte beaucoup de dessinateurs et de scénaristes français ou travaillant en France, notamment ceux qui gravitent autour du journal Métal hurlant ; citons, par exemple, Enki Bilal, Caza, Philippe Druillet, Alejandro Jodorowsky, Olivier Ledroit, Moebius et Olivier Vatine. Pareillement avec le magazine bimensuel Ere comprimée avec Dick Matena, Rafa Negrete ou encore Cacho Mandrafina.

Aux États-Unis, on peut citer Alex Raymond, Richard Corben, Frank Miller, et les Britanniques Simon Bisley, Pat Mills (scénariste) et Alan Moore (scénariste) sans oublier Marvel et DC ou de grands dessinateurs et scénaristes ont vue le jour.

En 1950, Frank Hampson créa pour le magazine britannique Eagle, Dan Dare, Pilot of the Future.

Les mangas (bandes dessinées japonaises) exploitent elles aussi énormément les thèmes de la science-fiction et du fantastique. Citons par exemple Go Nagai, Katsuhiro Otomo et Masamune Shirow.

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HISTORIQUE DE LA BD SF EN FRANCE

La bande dessinée française connaît dans les années 1930 l'influence des séries américaines Brick Bradford (francisé en Luc Bradefer) et Flash Gordon (rebaptisé Guy l'éclair).

René Pellos et Martial Cendres créent le premier chef-d'œuvre de science-fiction en bande dessinée française avec Futuropolis (1937). Si en Belgique Edgar P. Jacobs publie dès 1943 Le Rayon U en 1945 Raymond Poïvet et Roger Lécureux débutent leur série Les Pionniers de l'Espérance en 1945. Marijac publie Guerre à la Terre entre 1946 et 1947. Jacobs continue à aborder la science-fiction dans sa série Blake et Mortimer, et Hergé s'y illustre avec Objectif Lune et On a marché sur la Lune (1950).

En 1962, Jean-Claude Forest conjugue érotisme et science-fiction en publiant en magazine Barbarella Il lance ensuite avec Paul Gillon la série Les Naufragés du temps (1964), tandis que Pierre Christin et Jean-Claude Mézières commencent à publier en 1967 dans Pilote la série Valérian et Laureline

La science-fiction fait partie intégrante de la bande dessinée adulte dans les années 1970, avec les bandes dessinées de Philippe Druillet (Les 6 Voyages de Lone Sloane), de Mœbius (La Déviation, Arzach) et d'Enki Bilal (Le Bol maudit, Exterminateur 17), et avec la création du magazine Métal hurlant. De son côté, Gébé publie l'utopie L'An 01 en 1972. Trois grandes séries post-apocalyptiques voient le jour : Simon du fleuve (1973) de Claude Auclair, Ardeur (1979) d'Alex Varenne et Daniel Varenne, et Jeremiah (1979) du Belge Hermann.

Mœbius avec L'Incal et Enki Bilal avec la Trilogie Nikopol s'imposent dans les années 1980. En Belgique, Schuiten et Benoît Peeters créent la série des Cités obscures (1983), et Arno et Jodorowsky publient en France Les Aventures d'Alef-Thau Jean-Marc Rochette et Jacques Lob publient Le Transperceneige (1984).

Dans les années 1990, Caza poursuit Le Monde d'Arkadi, et Mœbius Le Monde d'Edena. François Bourgeon et Claude Lacroix lancent Le Cycle de Cyann (1993), et le Brésilien Léo publie en France Les Mondes d'Aldébaran (1994). En 1998, tandis que Jean-David Morvan et Philippe Buchet entament la série Sillage, Thierry Cailleteau et Denis Bajram terminent Cryozone

Dans les années 2000, le Suisse Frederik Peeters dessine deux séries de science-fiction : Lupus seul, et Koma avec le scénariste Pierre Wazem. Sur scénario de Serge Lehman et Fabrice Colin, Gess dessine La Brigade chimérique (2009).

Histoire de la bande dessinée française

Commence à la fin du XIXe siècle. En France, dès 1796, la même année que l'invention de la lithographie, les premières images sont imprimées en série par l’imagerie d'Épinal. D’abord imprimées avec des planches de bois gravées et coloriées au pochoir, elles se présentent généralement sous la forme de dessin pleine page et reprennent des sujets populaires (images pieuses, chanson, comptines, devinettes, histoire de France, etc.) mais rapidement apparaissent des planches de vignettes comportant un texte explicatif disposé sous la vignette.

En 1820, le fondateur Jean-Charles Pellerin adopte la lithographie et 10 ans plus tard la technique de la chromolithographie de Godefroy Engelmann. Les images « pleine page » prennent rapidement le nom de « chromos », synonyme de couleurs vives, pour nous conter les hauts faits de l'histoire de France. Les pages de vignettes sont les traditionnelles images d'Épinal. Dès qu'elles deviennent des planches composées d'images ayant un enchaînement logique, ce sont enfin des « histoires en images ».

Des dessinateurs célèbres tels que Caran d'Ache et Benjamin Rabier travaillent pour l’Imagerie d’Épinal. Ces planches, souvent reliées sous forme de livres ou d'albums cartonnés, sont commercialisées par des colporteurs qui assurent leur succès, entre 1870 et 1914 plus de 500 millions de planches sont vendues1. Jean-Charles Pellerin fut sans nul doute le créateur des « histoires en images » et un précurseur des maisons d'édition de bande dessinée.

À la fin du XIXe siècle, à la différence des États-Unis où la presse est d’information et familiale, la presse française est une presse d’opinion à destination d’un lectorat adulte et politisé, certains journaux se spécialisent dans le genre satirique faisant largement appel à la caricature à l'exemple de Honoré Daumier dans Le Charivari ou le genre roman populaire avec ses feuilletons souvent illustrés tel Mon Journal dans lequel débute en 1887 Christophe comme illustrateur.

Durant les années 1970, la bande dessinée commence à devenir importante pour la SF française. Métal Hurlant - le magazine français qui « inspira » le magazine américain Heavy Metal - commence à développer le potentiel de la science-fiction comme source de la bande dessinée. Les romans graphiques sont actuellement un grand - sinon le plus important - débouché pour la production de la science-fiction française d'aujourd'hui.

Dès 1922, à l’âge de 15 ans, un jeune belge signant sous le nom de Georges Remi publie ses premiers dessins dans Le Jamais assez, Le Blé qui lève et Le Boy-scout. En 1927, avec les conseils de Saint-Ogan, il dessine, sous le nom d’Hergé, Totor, CP des Hannetons pour le Boy-scout belge. Dès 1925, il entre comme collaborateur dans un quotidien politiquement très à droite, dirigé par un abbé, le Vingtième Siècle. Il y dessine des réclames et des illustrations et à partir de 1927, quelques récits courts. Lors qu’en novembre 1928, il est nommé directeur du Petit Vingtième, un supplément hebdomadaire à destination de la jeunesse, il y dessine l’Extraordinaire Aventure de Flup, Nénesse, Poussette et Cochonnet. L’abbé Wallez, directeur du XXe siècle lui confie un ouvrage Moscou sans voile et lui conseille de s’en inspirer pour dessiner une histoire.

C’est à partir du 10 janvier 1929, les Aventures de Tintin, reporter du Petit Vingtième, au pays des soviets. Tintin et Milou entre sans nuance dans l’histoire de la bande dessinée. Les ventes montent en flèche, Hergé dessine Quick et Flupke(1930) avant les Aventures de Tintin, reporter du Petit Vingtième, au Congo (1930), les Aventures de Tintin, reporter du Petit Vingtième, en Amérique (1931). Selon Dominique Dupuis « Dans ces trois premiers albums, le style d’Hergé n’est pas encore formé. Les influences les plus diverses apparaissent de Geo McManus à Alain Saint-Ogan, et son graphisme se révèle incertain et fluctuant, oscillant entre aplat et trait, hachure et trame. Seul domine le mouvement lié au rythme de l’aventure ».

Les albums de Tintin paraissent dès 1930 en noir et blanc aux éditions du Petit Vingtième puis à partir de 1934 aux éditions Casterman avec des hors-textes couleurs. Par la suite, tous les albums noir et blanc seront redessinés et mis en couleurs par les studios Hergé de façon à faire disparaître toutes les imperfections des premiers dessins. Le style d’Hergé, très inspiré au départ de celui de Saint-Ogan, est qualifié dans les années 1980 de « ligne claire » : trait précis, absence d’ombre, personnages stylisés dans un décor particulièrement soigné grâce à une documentation abondante. Tintin continuera son aventure jusqu’à la mort de son créateur.

Tintin fut le premier belge a partir sur la Lune, a escalader une metéorite et a rencontré des extraterrestres.

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