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NAZCA

Découverts en 1926 au Pérou, les géoglyphes de Nazca sont de grandes figures tracées sur le sol (géoglyphes), souvent figuratives, parfois longues de plusieurs kilomètres, qui se trouvent dans le désert

capture08-33.jpgLe sol sur lequel ils se dessinent est couvert de cailloux que l'oxyde de fer a colorés en gris. En les ôtant, les Nazcas ont fait apparaître un sol gypseux plus clair, découpant les contours de leurs images.

Ces géoglyphes sont le fait de la civilisation Nazca, une culture pré-incaïque du Sud du Pérou qui se développa entre 300 av. J.-C. et 800 de notre ère. Ils ont été réalisés entre 400 et 650. Les lignes et géoglyphes de Nazca et de Pampas de Jumana sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1994.

Description

capture09-35.jpgImage satellite d'une zone où des géoglyphes de Nazca sont visibles.capture10-32.jpgNazca vu par le satellite Spot.

À partir de maquettes, les Nazcas réalisaient les ouvrages à grande échelle probablement à l'aide de procédés géométriques simples, tel le carroyage. On a retrouvé diverses poteries reprenant les mêmes motifs.

capture01-2-26.jpg Elles prennent la forme d'animaux : singe, oiseau-mouche (colibri), condor, chien, araignée, orque. On trouve aussi des figures géométriques : lignes, spirales et ellipses, qui sont imprimées sur la surface de la Pampa. Les dessins franchissent les ravins, escaladent les collines sans que leur forme ni la rectitude apparente des lignes en soient affectées. Ces tracés représentent les divinités animales du panthéon religieux des Nazcas.

capture02-3-20.jpg Le microclimat permet la conservation des lignes, car :

  • le plateau est l'une des régions les plus sèches du monde (trente millimètres de pluie par an) ;
  • le sol sans végétation réchauffe fortement l'air (ce qui crée un coussin d'air qui, à son tour, protège les géoglyphes du vent) ;
  • enfin le gypse contenu dans le sol, associé à la faible humidité matinale « colle » le sable et la poussière.

Sans sable, ni poussière pour recouvrir la plaine et avec peu de pluie ou de vent pour les éroder, les tracés restent intacts.

capture03-2-19.jpg On a déjà dénombré plus de 350 dessins distincts.

Calendrier astronomique

D'après la mathématicienne allemande Maria Reiche, qui a consacré la majeure partie de sa vie à l'étude archéologique et à la préservation du site, les géoglyphes formeraient un immense calendrier astronomique, dont les lignes pointent vers des étoiles remarquables ou des constellations.

Cette théorie fut contestée en 1968 par l'astrophysicien américain Gerald Hawkins, d'après les recherches qu'il avait réalisées en se fondant sur des calculs informatiques. En reconstituant la carte du ciel telle qu'elle était à l'époque des Nazca, il affirma avoir démontré que 80 % des géoglyphes n'avaient aucune relation avec les constellations importantes. Toutefois, ses recherches furent finalement démolies à cause d'une erreur de méthodologie grave. Il avait reconstitué la carte du ciel en se fondant sur celle de Stonehenge, qui n'est pas dans le même hémisphère.

Un site rituel

Des archéologues ont réalisé des répliques à l'identique des figures de Nazca à l'aide de leurs étudiants dans un temps relativement court. De nos jours, les communautés nazcas effectuent une procession sur le parcours que forment certaines des figures. Ce rite peut être récent, et il n'y pas de preuve qu'il ait toujours été pratiqué.

Les figures ont également été associées au chamanisme. La plupart de ces figures se trouvent près de sites préhistoriques d’art rupestre qui présentent des images similaires, mais à une plus petite échelle. Les chamans prenaient des substances hallucinogènes qui leur permettaient de voir leur animal-pouvoir, une pratique courante en Amérique du Sud et particulièrement en Amazonie.

Certaines des drogues utilisées pendant les cérémonies rituelles donnent la sensation de voler dans les airs ; ce serait la raison pour laquelle les géoglyphes sont créés pour être vus du ciel, mais dans la pratique, ces formes peuvent être vues des collines environnantes.

Encore plus simplement, ces dessins seraient destinés à des dieux habitant les cieux.

Cette théorie est accréditée par le fait que les motifs animaux sont les mêmes que ceux qu'on trouve dans le panthéon nazca, par exemple sur les céramiques. La plupart des figures sont constituées d'une seule ligne ne se recoupant jamais.

Les sacrifices

Les Nazcas pratiquaient des sacrifices humains lors de cérémonies religieuses. Les têtes servaient de trophée, puisque deux incisions étaient pratiquées dans les crânes, pour pouvoir les suspendre. Deux théories s'opposent, celle d'ennemis décapités, mais aussi celle de sacrifices volontaires, qui auraient eu le pouvoir de ramener l'eau, en échange de la perte de la vie. La deuxième hypothèse est confirmée par la présence de strontium, qui indique que les sacrifiés étaient bien de la région. La bioarchéologue Michèle Buzon a démontré que les entailles sur les vertèbres cervicales ont été provoquées par des couteaux en obsidienne, qui ont entraîné la décapitation. Il n'existe pas d'autres traces de coups sur les squelettes, signe qu'il n'y a pas eu de combat, ce qui confirmerait le côté volontaire du sacrifice. On trouve aussi dans les tombeaux des coquilles Saint-Jacques, qui ont été transportées au travers du désert, depuis la mer. On retrouve là, le symbole de la puissance de l'eau et de la fertilité, très inscrit dans la vie des Nazcas.

Pour les Nazcas, la mort est une forme de renaissance, une transition qui les mène vers une nouvelle destination (Christina Conlee, archéologue). Ils étaient enveloppés et enterrés en position assise. On trouve le corps enterré sans la boîte crânienne, mais avec à côté une poterie représentant la tête, avec au-dessus la végétation qui repousse sur le crâne, symbole de la renaissance de la vie.

Kawatchi est la capitale cérémonielle. Cette cité est composée de nombreux temples et terrasses où les Nazcas venaient, soit pour y faire des offrandes de têtes humaines, soient pour être sacrifiés au centre du temple (Giuseppe Orefici, archéologue). C'est près de ce temple que l'on trouve la plus grande concentration de géoglyphes.

Le climat

D'après le géomorphologue Bernhard Eitel, le climat était tempéré en -8000 av. J.-C., puisqu'il a découvert du loess, qui est une roche sédimentaire produite par l'érosion éolienne et qui ne se forme que par la décomposition des végétaux. Il a aussi trouvé à la base du loess des coquilles d'escargots, qui ne vivent qu'en milieu humide ; ce qui confirme la végétation florifère de l'époque.

Ensuite, une période de sécheresse est arrivée graduellement avec une zone critique entre -100 av. J.-C. et 400 ap. J.-C., qui semble être le début de la disparition des Nazcas (environ 700/800 ap. J.-C.). Ces dates correspondent aussi a l'arrivée d'une autre ethnie : les Waris, qui ont envahi le territoire des Nazcas.

Une zone artisanale de tisserands

Henri Stierlin a émis en 1984 l'idée que les lignes servaient à préparer les fils de trame et de chaîne des tissus mortuaires retrouvés dans les tombes de Nazca. Ces tissus ont en effet la particularité d'être tissés de fils d'un seul tenant. Or pour préparer de manière artisanale de tels fils, il faut une ligne droite du double de la longueur pour permettre le tordage puis le repliage du fil sur lui-même. Ces lignes de travail se sont superposées de manière anarchique au fil des siècles.

Cependant, les pieux retrouvés sur le Grand Rectangle (300 pieux pour ce rectangle de 800 m de long et 100 m de large) semblent confirmer que ces dessins ont été tracés par simple carroyage : le dessin est quadrillé, puis reporté sur le sol où l'on a pris soin de tirer des cordages qui reproduisent les mêmes carrés à une plus grande échelle.

Autres théories

Théorie radiesthésiste

Les Nazcas avaient fortement développé l’irrigation pour pallier le manque d’eau chronique dans cette région aride en construisant des puits profonds spiralés de plusieurs mètres (pocios) reliés par un réseau d’aqueducs souterrains. Les figures et lignes serviraient de repères pour retrouver les résurgences et sources alimentant ce réseau.

Théorie ufologique

Dans Chariots of the Gods, Erich von Däniken a proposé en 1968 une théorie ufologique. Les figures de Nazca seraient soit une piste d'atterrissage pour les vaisseaux spatiaux extraterrestres, soit un message réalisé par la population locale qui leur serait destiné. Elle fait partie de la Théorie des Anciens Astronautes. Les grands scientifiques d'aujourd'hui travaillant sur ce sujet se posent toujours la question dans ces mystères: Comment des figures de telles envergures peuvent être tracées à même le sol alors que l'homme ne sait pas encore voler ? La seule solution, pour réaliser de telles dessins, est d'avoir une vue plongeante d'en haut, comme une machine volante, ou même, un vaisseau spatial.

Théorie électro sismique

Selon une théorie, des conducteurs sous forme de fines feuilles de cuivre ou d'or auraient été étendus sur le terrain. Ces conducteurs auraient pu être utilisés comme des antennes pour écouter les ondes très basses fréquences produites par les séismes. Cette hypothèse s'appuie sur une théorie encore controversée nommée « SES » (pour Seismic Electric Signals).

Les traces de Nazca aujourd'hui observées seraient en fait la marque de l'emplacement où auraient été déposés ces conducteurs, mais aussi des nombreux tests qui auraient été effectués afin de trouver des positions adéquates, dans l'axe des champs électromagnétiques.

Cela pourrait signifier que ce site servait à protéger la vie en tant qu'oracle permettant de communiquer avec les dieux de la montagne. Un tel culte semble en effet avoir été identifié : Johan Reinhard, qui avait détaillé diverses traditions antiques, avait une théorie selon laquelle les dieux de la montagne prenaient la forme d'aigles ou de condors, figures présentes sur le site.

D'où un double intérêt, à la fois protecteur mais aussi probablement magique et rituel.

Dans la culture populaire

  • La série Warlord de chez DC Comics reprend la théorie des glyphes dans la fonction de piste d'atterrissage dans les numéros 15 et 16 du volume paru en 2009/2010.
  • Ce site apparaît dans le jeu Illusion of Time, présent sur Super Nintendo : chaque dessin représente alors une constellation.
  • Dans le jeu vidéo L'Héritage du Temps, on peut voir des géoglyphes en contrebas des montagnes de la ville d'Eldorado, inspirés des lignes de Nazca.
  • La série animée Les Mystérieuses Cités d'or reprend un des glyphes dans sa fonction de piste d'atterrissage.
  • On peut également retrouver les lignes de Nazca dans les tomes 2 et 3 du livre d'Anthony Horowitz : Le Pouvoir des cinq. Dans ce roman, les lignes de Nazca représentent une sorte de serrure renfermant les Anciens.
  • Dans le film Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal, les géoglyphes de Nazca sont une étape dans la recherche du crâne de cristal, les héros étant censés retrouver la cité fictive d'Akator, qui est supposée être l'El Dorado.
  • Il y a également une référence aux lignes de Nazca dans le dessin animé Martin Mystère, dans l'épisode Ils viennent des profondeurs, où la légende veut que les lignes de Nazca désignent la position de vaisseaux spatiaux enterrés.
  • Dans le jeu vidéo Assassin's Creed, on peut voir le singe, l'araignée et le colibri dessinés sur le sol d'un laboratoire.
  • Dans Shining Force II, le Colibri apparaît bien comme un géoglyphe tracé au sol, mais serait en fait un véhicule volant antique secret qui permet au joueur de traverser l'océan. On retrouve par ailleurs dans ce même jeu un objet dénommé « Nazca Cannon » et il y a des références à la civilisation Nazca.
  • Les géoglyphes apparaissent de façon récurrente et sont au centre de l'intrigue de la série animée japonaise Tenkuu Tenshou Nazca.

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