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AVATAR

L’hégémonie de notre civilisation humaine sur une civilisation vivant en harmonie avec sa planète « lune »

L’action se déroule en 2154 sur Pandora, une des lunes de Polyphème, une planète géante gazeuse en orbite autour d'Alpha Centauri A.

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Vue de Polyphème et Pandora

L’exo lune, recouverte d’une jungle luxuriante, est le théâtre du choc entre des humains, venus exploiter un minerai rare susceptible de résoudre la crise énergétique sur Terre, et la population autochtone, les Na’vis, qui vivent en parfaite osmose avec leur environnement et tentent de se défendre face à l’invasion militarisée. Un programme est créé par les terriens, le programme Avatar, qui va leur permettre de contrôler des corps Na’vi clonés associés à des gènes humains, afin de s’insérer dans la population et de tenter de négocier avec elle, dans la mesure où le clan Omaticaya est installé dans un gigantesque arbre maison situé sur un des principaux gisements de ce minerai dénommé Unobtainium.

Histoire

Jake Sully, ancien marine, paraplégique, accepte de participer au programme Avatar, pour remplacer son défunt frère jumeau, Tom Sully. Il est envoyé sur Pandora, l’une des lunes de Polyphème, une planète géante gazeuse en orbite autour d'Alpha Centauri A, l'étoile principale du système Alpha Centauri, à 4,4 années-lumière du Système solaire. Pandora, recouverte d’une jungle luxuriante, est peuplée d’une faune et d’une flore aussi magnifiques que dangereuses pour les humains par qui la planète a été surexploitée. L’air est irrespirable pour les terriens et la planète est habitée par les Na’vis, une espèce indigène humanoïde, considérée comme primitive et hostile par les Terriens. Ils peuvent atteindre trois mètres de haut, ont une peau bleu-vert et une longue queue ressemblant à celle d’un lion et vivent en harmonie avec leur environnement. Ils possèdent également de longs filaments clairs, partant du haut de leur nuque et protégée par une natte tressée autour, grâce auxquels ils peuvent se « connecter » et communiquer avec les animaux et les plantes par la pensée et les sensations. Ils appellent cela tsaheylu, ce qui signifie « faire le lien ».

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Lorsque les humains arrivent sur la planète, ils découvrent un minerai jusqu’alors inconnu dans le système solaire, l’unobtanium, qui est la clé pour résoudre la crise énergétique sur Terre. Tous les intervenants sont employés par la RDA, un consortium militarisé visant à l’exploitation des ressources minières dans l’espace. Comme le plus gros gisement se situe sous les racines d’un arbre gigantesque qui abrite un clan Na’vi, les Omaticayas, les Terriens décident de créer le programme Avatar, un programme diplomatique, pour gagner la confiance des Na’vis et déplacer leur peuple, afin d’extraire le minerai.

Jake Sully est recruté pour faire partie du programme Avatar car il possède le même génome que son frère jumeau, un scientifique participant au programme mais assassiné par un voleur. En effet chaque « avatar » est créé génétiquement à partir d’ADN de Na’vi et de l’ADN de son « pilote ». Cela donne un être possédant un corps Na’vi et un cerveau humain, qui est contrôlable à distance par un humain grâce à des ordinateurs. Un avatar qui n’est pas relié à un pilote est dans le coma et quand un pilote est connecté à un avatar dans un caisson spécial, son corps est comme endormi. Plusieurs humains participent au programme et ont donc un avatar, dont le docteur Grace Augustine qui est responsable scientifique et Norman Spellman spécialiste de la langue Na’vi, débarqué en même temps que Sully. Jake prend donc le contrôle de son avatar et découvre la joie de pouvoir marcher à nouveau. Il part ensuite en mission d’exploration dans la jungle avec les avatars de Grace et Norman. Il découvre les multiples beautés et dangers de Pandora. Poursuivi par un prédateur gigantesque et séparé de ses compagnons, il se retrouve seul à passer la nuit dans la jungle. Il manque de se faire tuer mais une jeune femme Na’vi nommée Neytiri le sauve. Suite à un signe d’Eywa, divinité Na’vi qui personnifie la nature, elle décide de l’emmener avec elle, et il fait la connaissance du peuple Omaticaya. Jake apprend alors que Neytiri est la fille d’Eytukan, le chef du clan Omaticaya, et doit devenir la future Tsahik (chamane) lorsque sa mère quittera ce monde. Le futur chef du clan, qui devra former un couple avec Neytiri, est le chef des guerriers, nommé Tsu’tey.

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Durant les trois mois de la mission, il s’intègre de plus en plus aux Omaticayas : il apprend les coutumes du peuple, et rapporte tous ses apprentissages au chef de la sécurité militaire de la mission Avatar, le colonel Quaritch. Mais ayant appris à vivre comme un Na’vi en apprenant à chasser, à parler leur langue et surtout en domptant son Ikran (une sorte de dragon volant), il est considéré comme faisant partie des Omaticayas. Et il s’aperçoit vite qu’il est tombé amoureux de Neytiri avec laquelle il s’unit devant Eywa. Mais, le lendemain, Quaritch et Parker, le chef civil du programme, envoient les bulldozers. Jake se battant pour défendre les Omaticayas, est considéré comme un traître par Quaritch. Il est également rejeté par les Omaticayas lorsqu’il leur apprend qu’il leur a menti sur le véritable but de sa mission.

Peu après, Quaritch fait détruire par les forces terriennes l’Arbre Maison, lieu où vivent les Omaticayas, et leur chef meurt lors de son effondrement. Jake revient vers le peuple dont il fait maintenant partie après avoir dompté l’un des monstres mythique de Pandora, appelé Toruk, pour se faire entendre. Convaincus, les Omaticayas le réintègrent à leur peuple. Il rassemble une alliance d’une quinzaine de clans, après avoir pris soin d’emmener son vrai corps le plus loin possible du campement militaire de base. Lors de cette fuite, Grace est mortellement blessée. Jake demande l’aide des Omaticayas pour la soigner, ou passer définitivement son esprit dans le corps de l’avatar, mais il est déjà trop tard et Grace s’éteint sous l’arbre des âmes, son esprit rejoignant Eywa. Mais Quaritch voyant d’importants mouvements de troupe de la part des Na’vis, monte une attaque préventive contre eux avec pour but de détruire l’arbre des âmes, le plus grand lieu de recueillement auprès d’Eywa pour les Na’vis. Ceux-ci, dirigés par Jake Sully, Norman et Tsu’tey, nouveau chef des Omaticayas, vont alors entrer en guerre contre les humains. Gagnant au début grâce à l’effet de surprise, ils sont ensuite écrasés par la puissance des armes terriennes (ce qui a fait disparaître des amis de Jake dont Trudy et Tsu’tey). Ce n’est qu’à la fin que des milliers d’animaux envoyés par Eywa détruisent définitivement les troupes de Quaritch (nantangs, ikrans, titanosaures…), lui-même tué de deux flèches par Neytiri alors qu’il allait tuer l’avatar de Jake. Jake lui-même dans son caisson commence à manquer d’air après qu’une vitre a été cassée par Quaritch, mais est sauvé de justesse par Neytiri.

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Lors des dernières scènes, les Terriens quittent la planète. Les Na’vis avec l’aide d’Eywa transfèrent définitivement l’esprit de Jake dans le corps de son Avatar.

Développement

La conception d’Avatar débute en 1994 lorsque Cameron écrit un script de 80 pages pour le film. Le début de la réalisation devait commencer en 1997, après la sortie de Titanic mais, d’après Cameron, la technologie nécessaire pour réaliser son film n’était pas encore disponible. Le travail reprend au cours de l’été 2005 et Cameron recommence à développer le script et son univers de fiction début 2006.

De nombreuses créatures imaginaires de Pandora ont été inspirées des créatures sous-marines que Cameron a pu observer lors de ses plongées, notamment lors du tournage de son documentaire Aliens of the Deep en 2005. Ainsi les plantes Helicoradian, qui se rétractent en un clin d’œil au moindre contact, sont inspirées de Spirobranchus giganteus une espèce de ver tubicole commun dans les mers du monde entier. Et l’idée d’un monde bioluminescent, où les organismes vivants produisent et émettent de la lumière vient également de ce que Cameron a pu observer dans les océans. Un des morceaux de la bande originale est d’ailleurs dénommé The Bioluminescence of the Night.

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James Cameron a déclaré s’être inspiré de livres d’aventures se déroulant dans la jungle, tels que ceux écrit par Edgar Rice Burroughs (1875-1950) et Henry Rider Haggard (1856-1925). Edgar Rice Burroughs est le créateur de Tarzan mais aussi de John Carter de la série cycle de Mars. Henry Rider Haggard quant à lui est le créateur d’Allan Quatermain, le héros des Mines du Roi Salomon, identifié comme l’un des modèles au personnage d’Indiana Jones dans Les Aventuriers de l'arche perdue de Steven Spielberg et George Lucas.

James Cameron dit lui-même qu’Avatar partage des sujets avec les films En liberté dans les champs du seigneur et La Forêt d’émeraude, qui montrent les heurts entre les cultures et les civilisations, et reconnaît le lien avec Danse avec les loups où un soldat se fond dans la culture qu’il combattait préalablement.

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Les montagnes flottantes de Pandora « Hallelujah Mountains » furent inspirées des montagnes chinoises Huang.

L’apparence des Na’vi, les personnages natifs du monde dépeint dans le film, a été inspirée d’un rêve que la mère de Cameron avait fait longtemps avant qu’il n’écrive Avatar. Elle avait rêvé d’une femme bleue de 12 pieds de haut et James Cameron se disait : « C’est une image cool ! ». C’est ainsi qu’en 1976 ou 1977, il mit dans son premier scénario une planète avec une population autochtone « sublime » à la peau bleue ayant une taille de 12 pieds, ce qui constituera plus tard la base du peuple Na’vi dans Avatar. Concernant le choix du bleu pour la couleur de peau des Na’vi, Cameron dit : « J’aime simplement le bleu. C’est une bonne couleur… de plus, il y a un rapport avec les dieux hindous ce qui me plait sur le plan conceptuel. »

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Les montagnes flottantes de Pandora « Hallelujah Mountains ».

Pour créer les montagnes flottantes « Hallelujah », les décorateurs se sont inspirés de « nombreux types de montagnes, mais principalement des formations karstiques situées en Chine ». D’après le chef décorateur Dylan Cole, les roches suspendues du film ont été directement inspirées des Huang Shan, également connu sous le nom de Monts Huang, et de montagnes de la province du Hunan, parmi d’autres à travers le monde. Cameron déclara lors d’une conférence de presse à Pékin : « Tout ce que nous avons eu à faire est de simplement recréer la montagne Huangshan dans l’espace » Lorsqu’on lui demande si l’idée des montagnes flottantes ne proviendrait pas de la couverture d’un album du groupe de rock Yes, il répond en riant « Cela aurait pu… au temps où je fumais du cannabis. »

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Portrait représentant un Na'vi

La conception d’Avatar débute en 1994 lorsque Cameron écrit un script de 80 pages pour le film. Le début de la réalisation devait commencer en 1997, après la sortie de Titanic mais, d’après Cameron, la technologie nécessaire pour réaliser son film n’était pas encore disponible. Le travail reprend au cours de l’été 2005 et Cameron recommence à développer le script et son univers de fiction début 2006.

James Cameron déclare avoir « voulu renvoyer à la situation que vivent actuellement certaines tribus amazoniennes », notamment celles du Chef Raoni, qu'il défend depuis plusieurs années, et dénonce les dégâts causés à la forêt vierge par l'expansion des activités minières, forestières et agricoles. La maison des Na'vis est un arbre gigantesque connecté à l'ensemble des êtres vivants, et qui est déraciné par les hommes. Cette métaphore symbolise pour Cameron la destruction de la nature par les hommes « pour des raisons bassement économiques ». L'autre métaphore forte souhaitée par le réalisateur est l'injection de chlorophylle dans les veines du personnage incarné par Sigourney Weaver pour tenter de le sauver.

De janvier à avril 2006, Cameron travailla sur le script et créa une culture pour les Na’vis. Leur langage est créée par Paul Frommer, un professeur de la Marshall School of Business (Californie) titulaire d’un doctorat en linguistique, également enseignant à l’Université de Californie du Sud. La langue na’vi possède un vocabulaire d’environ 1 000 mots, dont une trentaine ajoutée par Cameron. Elle utilise des consonnes éjectives [pʼ tʼ kʼ], épelées px, tx, kx que l’on retrouve dans la langue Amharique en Éthiopie, et les initiales « ng » que Cameron a pu emprunter à la langue Māori. Sigourney Weaver et les scénographes ont rencontré Jodie S. Holt, professeur en physiologie des plantes à l’Université de Californie à Riverside, afin d’apprendre les méthodes utilisées par les botanistes pour étudier et collecter les plantes, et pour discuter les façons d’expliquer la communication entre les organismes sur Pandora.

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Avatar est pour James Cameron avant tout un voyage d’aventure et d’action et de découverte de soi dans un contexte de biodiversité et d’impérialisme. « Impérialisme dans le sens où l’histoire humaine a toujours fonctionné, c’est-à-dire que le peuple avec le plus de puissance militaire ou technologique a tendance à supplanter ou détruire les peuples qui sont plus faibles, généralement pour leurs ressources. » James Cameron compare même avec l’époque présente où l’augmentation de la population et le manque de ressources dont le pétrole fera « que nous nous battrons de plus en plus pour de moins en moins. »

Avatar possède de vives scènes de combat mais c’est également un film sur la paix, qui pour James Cameron peut être atteinte « grâce à une puissance de feu supérieure mais d’un autre côté je déteste l’abus de pouvoir et l’impérialisme rampant déguisé en patriotisme. Certains sujets que vous ne pouvez pas soulever sans être qualifié d’antipatriotisme mais je pense que c’est très patriotique de remettre en question un système qui a besoin de limite, ou il devient Rome »

Avatar renvoie aussi aux exactions commises actuellement sur les peuples indigènes qui subissent « la discrimination d’un monde qui pense qu’ils sont primitifs et attardés parce qu’ils n’aspirent pas au mode de vie des pays industrialisés et choisissent souvent, comme ils le font depuis des millénaires, de ne dépendre que de leur environnement naturel pour survivre. » L’ONG Survival International a recueilli des témoignages de représentants de ces peuples qui ont visionné le film et le parallélisme dans leur discours est plus que troublant. Ainsi pour les Punans de Bornéo : « Les Na’vis d’Avatar se lamentent parce que leur forêt est détruite. Il en est de même pour nous, les Punans. Les compagnies d’exploitation forestière abattent nos grands arbres, polluent nos rivières et font disparaître notre gibier ». Les réactions sont les mêmes chez les Bushmen d’Afrique australe qui indiquent que « La terre et les Bushmen sont indissociables » et les Yanomamis de la forêt amazonienne. Les Maoris ont inspiré à James Cameron le dialecte des Na’vis. Pour James Cameron, une des idées principale du film est qu’il « nous interroge sur le fait que tout est lié, les êtres humains les uns aux autres et chacun de nous à la Terre ».

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En février 2010, des militants pro-palestiniens protestent contre la barrière de séparation israélienne dans le village de Bil’in déguisés en Na’vis et sont dispersés par les militaires à l’aide de gaz lacrymogène. Pour Henry Jenkins, professeur de communication, journalisme et art cinématographique à l’Université de Californie du Sud, l’utilisation de cet « activisme Avatar » par les Palestiniens et d’autres groupes dans le monde montre que le film devenu iconique est utilisé pour certaines communautés pour se défendre contre leurs personnification du complexe militaro-industriel maléfique d’Avatar, que ce soit l’armée israélienne, le gouvernement chinois ou les compagnies forestières d’Amazonie. Selon lui, les critiques conservateurs américains qui avaient peur que le film propage de l’antiaméricanisme, étant donné son fort message politique, ou ceux de gauche qui craignaient qu’il soit trop centré sur l’homme blanc se sont trompés : les manifestants se servent de la peau bleue des Na’vis pour lutter contre ce qui leur semble injuste et diffuser leur message.

Ce film est l’un des plus coûteux de toute l’histoire du cinéma, mais son succès public fulgurant lui a permis de dégager des bénéfices après seulement dix jours d’exploitation, puis de récolter plus de 2,73 milliards de dollars américains de recettes (enregistrées au 13 avril 2010) : le film est ainsi le cinquième film à passer la barre symbolique du milliard de dollars de recettes et le premier film à atteindre les 2 milliards. Il devient, après seulement six semaines d’exploitation, le plus gros succès de l’histoire du cinéma, battant Titanic (1,84 milliard de dollars), également réalisé par James Cameron.

Na'vi

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Zoe Saldana joue Neytiri, le personnage féminin principal du film.

Zoe Saldana (V. F. : Ingrid Donnadieu) dans le rôle de Neytiri, protagoniste féminine du film, princesse des Omaticaya, qui sauve Jake Sully et l’introduit dans le clan. Zoe Saldana n’apparait dans le film que sous l’aspect de son avatar, donnant vie aux images de synthèse grâce au perfectionnement de la technique de performance capture. Saldana est une actrice américaine d’origine caribéenne connue notamment pour ses rôles dans Drumline (2002), puis dans Pirates des Caraïbes : La Malédiction du Black Pearl (2003) et enfin dans Star Trek (2009).

Genèse du film

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James Cameron a imaginé le monde d’Avatar plus de 15 ans avant de pouvoir réaliser le film.

Suites

James Cameron avait prévenu dès le départ qu’il avait assez d’idées pour trois films sur l’univers d’Avatar. Les acteurs ont ainsi signé un contrat pour une trilogie, Avatar n’étant que le premier. La mise en chantier d’une première suite dépendait des résultats au box-office du premier opus, mais ses recettes phénoménales font déjà de Na’vi une évidence (titre provisoire évoqué par Cameron lui-même) James Cameron lance l’idée d’une aventure prenant place dans les océans de la planète Pandora, pour lesquels il a déjà beaucoup de créatures en réserve. Il pense pouvoir en faire un film meilleur et plus impressionnant que le premier, et est certain de bénéficier des technologies nécessaires pour conter les péripéties de Jake Sully en milieu aquatique (deux-trois séquences du premier volet peuvent, selon lui, donner un aperçu de ce que pourrait être le rendu d’une suite).

Cette suite n'a cependant pas été le premier projet du réalisateur, puisqu'il a filmé en mars 2012 sa plongée au plus profond de l'Océan, dans la Fosse des Mariannes après s'être occupé de la transformation en version 3D de son film de 1997, Titanic. Conséquence, le projet a pris du retard. La première des deux suites était prévue pour Noël 2014, mais il apparait, selon le producteur John Landau, qu'elle ne sera pas sur les écrans avant 2015. Par ailleurs, le réalisateur canadien travaille également sur d'autres projets, comme la mise en scène de The Dive, dont le scénario est basé sur l’histoire d’Audrey Mestre. Il souhaite aussi diriger une adaptation du manga Battle Angel, alias en France Gunnm, et ce avec le même procédé que celui employé pour Avatar. Na’vi verra le jour entre ces deux projets… ou avant eux Le 19 septembre 2012, Raleigh Studios annonce avoir signé un contrat de 5 ans avec Lightstorm Entertainment, studio de James Cameron pour utiliser 115 000 pieds carré (10 684 m2) des Manhattan Beach Studios et y tourner les deux suites d'Avatar.

En août 2013, les studios Fox annoncent la préparation de trois suites à Avatar, qui sortiront respectivement en décembre 2016, 2017 et 2018. Les trois suites seront tournées simultanément à partir d'octobre 2014 en Nouvelle-Zélande

DARWIN OU PAS

Avatar, met en scène une vie extraterrestre. Cette vie telle que le cinéaste l'a imaginée suit-elle ce que la théorie de Charles Darwin nous a appris sur l'évolution biologique ?

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Oui... et non, répond dans un texte que m'a remis Thomas Heams, l'un des auteurs de Mondes darvwiniens. Voici ce texte, sans plus de commentaires.

Avatar, encore un effort pour être darwinien !

Le monde d'Avatar est-il crédible ? La question pourrait paraître futile ou hors-sujet. Le nouveau film de James Cameron est bien sûr avant tout une œuvre de l'imagination. Mais comme tous les films de science-fiction appelés à marquer leur époque, il est aussi une fenêtre ouverte sur notre imaginaire populaire, qu'il alimente mais dont il se nourrit aussi. Il est passionnant de se prendre au jeu, de détecter dans l'univers qu'il nous dévoile quelques jolies intuitions mais aussi des idées préconçues qui nous en disent beaucoup sur notre rapport au monde et sur la manière dont la société fait son miel des théories scientifiques.

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La première hypothèse sur laquelle se fonde « Avatar », c'est qu'il existe une vie extraterrestre très près de la nôtre. Elle s'invite dans un des débats les plus vifs aux frontières de la biologie et de la cosmologie, qui est justement la question des origines du vivant : ce qui s'est passé sur Terre il y a 3,8 milliards d'années était-il un processus inexorable compte tenu des éléments disponibles et des conditions de l'époque, ou bien est-ce une splendide exception ? Pour y répondre, les chercheurs de vie extraterrestre, les exobiologistes, scrutent nos plus proches voisines, notamment Mars. Ils espèrent y trouver, en vain à ce jour, une activité biologique ou des traces fossiles, au prix d'une frustration fondamentale : en trouver serait certes l'indice fort d'une vie inéluctable, mais échouer nous laisserait tout entiers à notre doute, faute de réelles planètes candidates explorables à proximité. Cameron tranche le débat de manière

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Cameron spectaculaire : en dehors du système solaire, c'est dès le «prochain arrêt» dans l'Univers, dès le système stellaire le plus proche du nôtre, celui d'Alpha du Centaure (4,4 années-lumières tout de même !), qu'il situe la luxuriante lune Pandora, plaidant ainsi fortement en faveur de la vie comme conséquence inéluctable de l'évolution cosmique.

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Mais la proximité ne s'arrête pas là : ce qui frappe immédiatement l'évolutionniste, c'est la remarquable similitude entre la structure des biosphères terrienne et pandorienne, soit une vie composée de végétaux chlorophylliens et d'animaux dont certains sont des mammifères. Or en théorie, strictement rien ne garantit qu'une vie extraterrestre aurait cet aspect, ni d'ailleurs qu'elle aurait la forme d'une vie cellulaire, unité fondamentale chez nous, de la bactérie au séquoïa, et signe de leur ascendance commune ; aucune certitude même qu'elle serait à base d'ADN, hypothèse indispensable pour que l'on puisse combiner celui du héros Jake Sully à celui d'un Na'vi. Là encore, les choix de Cameron laissent penser que toutes ces formes et structures seraient inéluctables, et implacablement reproduites partout où la vie apparaîtrait. Conséquence implicite, et dégât collatéral : le mécanisme de sélection naturelle, c'est à dire le jeu local et aveugle du hasard et de la sélection proposé par Charles Darwin il y a 150 ans, et qui reste à ce jour d'une formidable puissance pour expliquer l'ensemble de l'évolution du vivant, prend un coup dans l'aile. Car si des structures semblables apparaissaient indépendamment sur des planètes

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Darwin distantes, cela signifierait que nous aurions attribué trop de d'importance au hasard sur Terre. Il faudrait se résoudre d'urgence à envisager d'autres mécanismes pour expliquer ces tendances partagées, telles que le passage à l'état multicellulaire, la distinction entre végétaux et animaux, sans parler de l'évolution de certaines formes vivantes vers une forme de culture et de civilisation. Même si rien n'interdirait d'imaginer des explications rationnelles à cela, cette perspective ouvre néanmoins les portes à toutes les ambiguïtés dont les biologistes se sont progressivement et salutairement éloignés grâce à Darwin et ses continuateurs, notamment celles qui voudraient que des forces obscures, pourquoi pas divines, interviennent à des moments clés de l'évolution pour lui donner une direction.

Cela fait-il de James Cameron un anti-évolutionniste ? Non, bien sûr. L'idée d'une origine commune aux espèces est sous-jacente dans le fait que l'ensemble des gros animaux (Vipperwolfe, Hammeread, Thanator et autres Hyppoferox) sont hexapodes (six pattes) - là où leurs « équivalents » sur Terre sont tétrapodes, timide concession à l'idée que « les » évolutions biologiques interplanétaires ne seraient pas condamnées à se ressembler. Et cette hexapodie partagée sur Pandora, elle, s'explique bien dans la vision darwinienne classique de descendance avec modification : en effet, l'explication la plus simple consiste à supposer un ancêtre commun à toutes ces espèces, hexapode lui aussi, dont elles auraient évolué. Par ailleurs, les Na'vis, héros anthropomorphes du film, semblent avoir évolué à partir de singes arboricoles à six pattes qui pourraient ressembler à d'autres animaux présents dans le bestiaire pandorien, les Prolemuris. On constate d'ailleurs aussi cette perte chez les Banshees, sorte d'oiseaux et donc très différents des Na'vis : cela peut aussi s'expliquer avec les outils de l'évolutionnisme moderne, notamment par le phénomène de convergence, qui veut que parfois des caractéristiques similaires apparaissent (ou disparaissent) dans des groupes éloignés, pouvant aller jusqu'à donner l'illusion d'une parenté évolutive.

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Ainsi donc, Cameron est évolutionniste mais pas tout à fait darwinien au sens moderne du terme. Poussée à l'extrême, dévoyée, cette position peut conduire à toutes les dérives comme l'Intelligent Design, faux-nez faussement scientifique et vraiment pervers du créationnisme, une déclinaison « light », puisqu'il fait mine d'accepter l'évolution mais convoque des forces « intelligentes » pour expliquer les grandes transitions. Mais n'instruisons pas ici de mauvais procès au cinéaste. Cameron est loin d'être le premier auteur de science-fiction à inventer des écosystèmes lointains troublants de ressemblances. Il a par ailleurs tous les droits du créateur à nous proposer un monde ni trop éloigné du nôtre, ni trop familier, pour nous permettre à la fois la fascination de l'étrange et l'empathie de la proximité. En outre, même les évolutionnistes les plus célèbres, au cours du long travail de maturation qu'a été la synthèse néodarwinienne au cours du vingtième siècle, ont parsemé leurs écrits de considérations similaires. Sans faire appel au surnaturel, ils ont très souvent cédé à l'idée d'une directionalité dans l'histoire de la vie. Cette hésitation se retrouve par exemple sous la plume du grand généticien Théodosius Dobzhansky, acteur majeur du néodarwinisme, qui d'une part considérait qu'une vie extraterrestre ne ressemblerait sûrement pas à celle d'ici, mais qui d'autre part considérait comme acquise l'idée que «l'évolution biologique ait une tendance ou une orientation générale».

Un des aspects les plus fascinants de l'histoire de la pensée évolutionniste, en cette année où nous célébrons Charles Darwin, est justement le chemin patient vers le rejet résolu de cette vision. Les progrès en biologie moléculaire, la théorie neutraliste de l'évolution due à Motoo Kimura, et celle des équilibres ponctués de Steve Gould ont permis cette mue progressive. Ils nous disent entre autres que tous les caractères transmis ne le sont pas forcément par pure adaptation, et qu'une histoire de la vie doit prendre en compte des phénomènes absolument imprévisibles et contingents comme la chute d'une météorite bouleversant n'importe quelle biosphère, faisant litière du déterminisme. Les mammifères, et donc bien plus tard notre espèce, ne se seraient vraisemblablement pas développés et répandus avec autant d'efficacité si les dinosaures n'avaient pas quasiment disparu pour des raisons de cet ordre et qui n'ont que très peu à voir avec ce qu'ils avaient dans leurs gènes. Et d'ailleurs, si ces grandes tendances devaient se reproduire sur chaque planète habitable, où sont les dinosaures sur Pandora ?

En somme, James Cameron nous propose un évolutionnisme mal dégrossi, qui ressemble à l'idée que s'en fait généralement le grand public. Ce dernier accepte assez largement l'évolution, mais renâcle souvent devant son côté aveugle. Parmi d'autres, l'idée que l'espèce humaine n'est ni plus ni moins le produit du hasard et de la sélection que toutes les autres formes vivantes en choque encore beaucoup. C'est pourtant le cas, et il faut encore bien souvent convaincre qu'Homo sapiens n'est ni le but, ni le sommet, ni la perfection, ni la fin de l'évolution. En nous faisant voyager loin, dans cette Pandora qui n'existe pas et qui s'apprête pourtant à rentrer dans nos vies, Avatar nous parle aussi de nous, de nos vertiges face à notre position minuscule dans le monde et l'Univers, et des constructions imaginaires que nous échafaudons pour nous en accommoder. En ce sens, il incite à d'autres explorations, en nous-mêmes. D'autres beaux voyages.

Par Thomas Heams

L’univers est décrit dans l’échelle de Kardashev comme une Civilisation de Type I

 

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